Bataille des Salomon Orientales

18 Avril 1943

Le 29 janvier 1943, la corvette Néo-zélandaise Kiwi, attaque et coule au canon un sous-marin japonais en provenance de Guadalcanal. A bord de ce sous-marin se trouvaient 20.000 livres de code contenant la nouvelle version du code naval japonais connu sous le nom de JN25. Comme ce code venait de tomber aux mains des alliés, les japonais durent utiliser un ancien code, beaucoup plus simple. De plus, la plus grande partie de ce dernier code était connue des cryptographes américains. Entré dans une machine le décryptage devenait un jeu d'enfant. Comme on ne trouvait aux Etats-unis que moins d'une douzaine de personnes dignes de confiance et parlant couramment japonais, le décryptage des messages prenait une importance capitale.

 Ces évènements permirent aux américains de savoir que l'amiral Yamamoto allait effectuer une visite aux troupes. Dans le message, l'itinéraire était parfaitement détaillé ainsi que l'escorte. Après réflexion, il fut décidé d'abattre l'avion de l'amiral qui devait arriver dans un bombardier "Betty" escorté des 6 chasseurs Zéro le matin du18 avril.

Le récit qui suit retrace l'opération telle que l'a vécue le colonel Mitchell chargé de la mission et du colonel Rex Barber, l'un des 4 pilotes désignés pour attaquer l'avion de Yamamoto

Henderson Field (Guadalcanal). 339 ème escadron de chasse.

L'amiral Nimitz ordonne à Halsey d'intercepter l'avion de l'amiral Yamamoto. Seuls les P-38 basés à Guadalcanal et dotés de réservoirs supplémentaires sont capables de mener àbien l'opération.

Il va falloir survoler l'ocean sur 435 miles jusqu'à Bougainville où les japonais possèdent une base puissante.

Il ne semble possible que nous ayions la moindre chance de trouver l'objectif mais telle est notre mission!

Notre course allait devoir être la suivante :

Je choisis 4 pilotes comme chargés de l'attaque :

Notre groupe comporte 18 appareils mais par suite d'ennuis mécaniques, seuls 16 peuvent décoller. Toute communication s'effectue par signes afin de conserver le silence radio. Tous les pilotes savent excatement ce qu'ils ont à faire depuis le briefing de la veille. Nous nous étions levés de bonne heure afin de refaire le point : nous savions que l'amiral Yamamoto arrivait à Buin aussi devais-je savoir quelle météo nous y attendait.

Les japonais ont 75 Zéro à la base vers laquelle Yamamoto se rend. Nous savions qu'il serait à bord d'un bombardier "Betty" mais il s'avéra qu'il y en avait 2. J'avais décidé que 4 appareils mèneraient l'attaque pendant que nos 12 autres resteraient à haute altitude pour intercepter les Zero qui ne manqueraient pas de venir acceuillir leur chef.

Il est près de 9h et nous volons avec le soleil de face au dessus de la brume de l'océan. Nous sommes à quelques minutes de l'interception et je pensais que quelquechose avait mal tourné. Je vérifiais les instruments et constatais que tout était conforme : nous étions bien a l'endroit où nous devions être. Moins d'une minute après, un de mes pilotes me signale "avions à11h".

Petite explication du traducteur : afin de signaler la présence de contacts, les éléments suivants étaient en vigueur

Ainsi Dieu nous était venu en aide. Je distinguais 2 bombardiers "Betty" à 4.500 pieds, escortés par 6 Zero (3 devant et 3 derrière). Nous n'avons que 15 minutes pour intervenir et nous devons donc attaquer et disparaître au plus vite.

Col. Rex Barber :

Nous y étions, pour aussi incroyable que cela puisse paraître.

Nous nous sommes alignés sur les bombardiers puis Lamphier et moi-même avons pris une course à 90°. Les duex autres appareils ne pouvaient jeter leurs réservoirs supplémentaires et faisaient des cercles en essayant de s'en débarasser. Il ne restait donc plus que nous 2. Nous approchions des Betty escortés comme prévu par 6 Zéro.Je pense que les pilotes des chasseurs étaient mal réveillés car ils ne nous ont pas vu arriver, ne s'attendant pas à une attaque. Nous apercevant enfin, les 3 Zéro de gauche virent sur l'aile et se portent à notre rencontre. Nous étions alors en position idéale pour ouvrir le feu. Je commençais à tirer sur le Betty le plus proche de moi pendant que les autres appareils engageaient les Zéro. Le Betty est atteint et le moteur gauche prend feu. Il ralentit et, enregardant derrière moi, je m'aperçois qu'il plonge vers la jungle en fumant fortement. L'autre bombardier s'abat dans la mer.

Col. Mitchell :

De retour à Guadalcanal nous savions que notre mission avait été un succès. Il n'y eut pas de debriefing.

L'avion de Yamamoto est toujours dans la jungle, à l'endroit même où il s'est écrasé.

L'amiral a été tué sur le coup, une balle lui traversant la tête de l'oreille gauche a l'oeil droit. Cette information provient du rapport d'autopsie effectué le lendemain à Bougainville.