Bataille de Santa Cruz

25 octobre 1942

 

La volonté des japonais de reprendre le terrain d'aviation d'Henderson Field aux Marines, est à l'origine d'une des plus grandes batailles aériennes

La lutte pour la maîtrise du ciel débute aux premières heures du 25 Octobre.

 

Forces japonaises

Forces américaines


sous les ordres de l'amiral Nagumo

Shokaku, Zuikaku

Zuiho

Kumano

x8


Groupe d'avant garde
sous les ordres de l'amiral Abe

Hiei, Kirishima

Tone, Chikuma

Nagara, Suzuya

x7

Groupe de support
sous les ordres de l'amiral Kurita


sous les ordres de l'amiral Kinkaid

Enterprise

South Dakota

Portland

San Juan

x8

Task Force 17
sous les ordres de l'amiral Murray

 

5h00 : 16 SBD Dauntless décollent du pont de l'Enterprise, deux par deux, armés de bombes de 500 livres pour attaquer les porte-avions japonais.

5h23 : Le soleil se leve sur un ciel sans nuages. La visibilité est excellente

6h17 : Les Lt. Welch et McGraw aperçoivent l'avant-garde de l'amiral Abe

6h30 : Ils envoient un premier rapport avant de poursuivre leur recherche des porte-avions japonais mais sans succès. Au même instant, les japonais découvrent le Hornet. Les 3 porte-avions japonais préparent alors une vague d'assaut de 65 appareils.

6h50 : Le Lt. Cdt Lee et l'enseigne Johnson, également partis de l'Enterprise, trouvent les bâtiments de Nagumo et signalent leur position (moins de 200 milles) à l'amiral Kinkaid.

7h09 : Les avions japonais décollent et le Shokaku et le Zuikaku préparent une deuxième vague d'assaut de 44 appareils. Le porte-avions Junyo, dans un autre groupe de combat, prépare un groupe de 29 appareils qui partiront avec la seconde vague.

7h30 : Le Hornet lance 15 SBD, 6 TBF et 8 Wildcat sous le commandement du lieutenant commandant Gains.

7h40 : 2 SBD découvrent les porte-avions de Nagumo (Lt Strong et Ens. Irvine). Voyant le ciel au dessus de la flotte japonaise vide de combattants, les deux pilotes piquent sur les japonais. Ils ouvrirent une brêche de 50 pieds sur le pont d'envol du Zuiho et mettent le feu aux soutes à munitions. Le porte-avions est hors de combat mais ses appareils ont déjà décollé pour attaquer la flotte américaine. D'autres Dauntless, ne trouvant rien, rejoignent l'Enterprise.

8h15 : Le Hornet lance une deuxième vague de 8 Dauntless, 9 TBF et 7 Wildcat. Aux 128 appareils japonais, les américains n'en opposent donc que 73. Tous les avions américains sont lancés à environ 200 miles de leur objectif et n'auront pas assez de carburant pour conjuguer leur attaque. Chaque groupe devra agir individuellement.

Alors que les chefs de groupe n'ont effectué que 60 miles, le groupe de chasse japonais passe à proximité et, si les appareils du Hornet ne sont pas pris à parti, ceux de l'Enterprise subissent les assauts de 3 Zéros : dans un âpre combat, ces derniers abattent 3 Avengers et 3 Wildcats, diminuant presque de moitié le groupe de l'Enterprise.

9h00 : L'Enterprise subit une averse qui le dissimule aux avions japonais.

9h06 : Les porte-avions américains sont les premiers à subir les assauts adverses. Pour les protéger, ils disposent de 34 F4F Wildcat, alignés sur les ponts d'envol. Mal orientés par un officier inexpérimenté, ils prennent l'air dans une mauvaise direction.

Le lieutenant A. Pollock, à la tête de 4 Wildcats, engage 3 Aichi D3A et continue son attaque sous le feu nourri de son propre porte-avions. Ils réussissent à abattre les 3 attaquants. Le lieutenant Vejtasa, pour sa part, n'aperçut les attaquants que lorsqu'ils débutèrent leur piqué, trop tard pour intervenir.

Le commandant du Hornet attendait les japonais de pied ferme : son navire filait 28 noeuds, tous les compartiments étanches fermés et toutes les batteries anti-aériennes prêtes à ouvrir le feu, pointées vers le ciel.

9h10 : Le ciel se noircit des explosions des tirs anti-aériens des navires d'escorte, abattant quelques avions japonais. Les autres peuvent malgré tout lâcher leurs bombes : deux manquent leur but mais le chef de formation piqua du nez et fait exploser le pont d'envol en s'écrasant avec ses deux bombes. Les avions torpilleurs se mettent en position et lancent leurs engins. Deux torpilles atteignent la salle des machines, provocant une perte de puissance qui immobilise le navire. Cible maintenant facile, le Hornet reçoit deux bombes supplémentaires : l'une ouvre le pont, la seconde explose dans le mess après avoir traversé 4 ponts. Le porte-avions est enfin atteint par un nouveau pilote suicide. On estime que 25 des 27 attaquants japonais ont été abattus.

 

9h27 : Le ciel est vide de combattants. Le Hornet donne 8° de bande et les incendies font rage.

Dans le même temps, les 52 avions du Hornet arrivent sur les forces japonaises. 3 Zéros tentent de les intercepter mais sont rapidement la cible des Wildcats

9h30 : Les Dauntless survolent le Zuiho et le Shokaku et sont pris à parti par les Zéros : 2 sont abattus et deux autres endommagés. Le groupe peut néanmoins attaquer le Shokaku qui est atteint de 6 bombes de 1000 livres, mettant le pont d'envol en pièces, démarrant de nombreux foyers d'incendie et anéantissant la plupart des batteries anti-aériennes. Le porte-avions va être inutilisable pendant 9 mois.

Les avions toprilleurs du Hornet se perdent, ne trouvent pas les porte-avions japonais et attaquent le groupe Abe à la torpille. Ils visent le croiseur Suzuya mais sans résultat. Deux SBD, sur le retour, lâchent leurs bombes sur le croiseur Chikuma, tuant la plupart des hommes présents sur le pont.

Le groupe diminué de l'Enterprise attaque également mais sans succès : les trois bombardiers en piqué manquent le cuirassé Kirishima et les 4 avions torpilleurs ratent un croiseur lourd.

Si le Hornet est en mauvaise posture, l'Enterprise est intact et lance une nouvelle attaque en direction des deux autres porte-avions japonais : le Zuikaku et le Junyo qui font de même en dirigeant leurs avions vers l'Enterprise.

10h : Tous les incendies semblent être contrôlés à bord du Hornet. Quatre minutes plus tard, un "Val" esseulé sort des nuages et lâche ses bombes, retardant les opérations de remorquage.

La seconde vague d'assaut arrive dans le même temps (repérée par les radars du South Dakota), et s'approche des navires américains sans être inquiétée. Les navires ouvrent le feu au moment où les japonais amorcent leur piqué sur l'Enterprise, en abattant beaucoup : le South Dakota est crédité de 26 avions abattus alors qu'il en revendiquait 32.

L'Enterprise est atteint par 3 bombes. La première perfore le pont d'envol, traverse le navire sur une distance de 50 pieds pour de ressortir sur le côté avant d'exploser. La seconde atteint l'ascenceur avant et se casse en deux au niveau du pont hangar : un des deux moitiés explose alors que l'autre atteint le troisièeme pont avant d'exploser. La dernière bombe manque de peu de crever la coque et endommage une partie des moteurs. 75 membres d'équipage sont blessés et 44 tués.

Les avions torpilleurs suivent de près les bombardiers en piqué mais sont interceptés par les chasseurs. Sur les 25 Kates, 11 sont abattus par les chasseurs et 4 par les batteries anti-aériennes. Les autres poursuivent leur attaque et se scindent en deux groupes pour prendre l'Enterprise en tenailles. Le capitaine Hardison parvient à sortir son navire de leur route. Les japonais visent alors le Portland qui est atteint par trois torpilles qui n'explosent pas et un Kate effectue une attaque suicide sur le destroyer Smith, détruisant l'avant du navire. Le bâtiment, qui a eu 28 tués et 23 blessés dans l'attaque, sera toutefois sauvé.

11h01 : Le radar repère les 29 avions du Junyo. 8 sont détruits avant d'atteindre l'objectif, les autres le manquant.

11h23 : Le Northampton tente à nouveau d'atteindre le Hornet. Un câble d'un pouce 3/4 est lancé suivi de d'un autre de 2 pouces. Le remorquage sauvetage de 875 membres d'équipage peut commencer.

11h27 : D'autres appareils du Junyo sortent des nuages et portent leur attaque sur le South Dakota et sur le croiseur San Juan. Une des tourelles avant du cuirassé est touchée alors que le San Juan est traversé par une bombe qui n'explose pas.

13h51 : Une nouvelle attaque de 15 appareils est lancée du Junyo : 5 du Junyo à proprement parler et 10 du Shokaku.

14h00 : L'Enterprise se retire du combat.

15h15 : Les avions japonais arrivent sur le Hornet, immobile et donc cible facile. Ils n'enregistrent qu'un coup au but innondant rapidement la salle des machines et portant la bande à 14°

15h55 : Six bombardiers arrivent à leur tour et enregistrent un autre coup au but.

17h15 : La dernière attaque du Junyo, comprenant 6 chasseurs et 4 bombardiers en piqué, atteint une nouvelle fois le porte-avions. En tout, le bâtiment a eu 111 tués et 108 blessés.

Les destroyers américains s'approchent du navire pour le couler : le Mustin lance 8 torpilles (dont trois atteindront le porte-avions), l'Anderson en lance 8 de plus (avec 6 au but) mais le Hornet, condamné, refuse de couler.

20h40 : La navire brûle de part en part. Les destroyers quittent les lieux alors que les sous-marins japonais envoient 2 nouvelles torpilles sur le navire en feu.

01h35 : Le Hornet disparaît dans les flots.

 

Pertes japonaises

Pertes américaines

Shokaku gravement endommagé

Zuiho gravement endommagé

Chikuma gravement endommagé

4 endommagés

 

Hornet coulé

Enterprise gravement endommagé

South Dakota endommagé

San Juan endommagé

Porter coulé

Tableau détaillé des pertes